Dans une étude publiée en février 2022, Gartner a dévoilé ses prédictions sur l’utilisation du métaverse d’ici 2026. Les analystes estiment que 25% des internautes passeront au moins une heure par jour dans le métavers d’ici quatre ans. Un nouveau paradigme qui représente un véritable eldorado pour les marques.

À terme, il y n’y aura probablement qu’un seul métaverse

Le rapport de Gartner laisse penser que le métaverse aura différentes facettes. Le monde virtuel dont on entend tellement parler depuis quelques mois, sera utilisé pour le travail, la consommation, l’éducation, la vie sociale et/ou le divertissement. Marty Resnick, directeur de la recherche chez Gartner, précise que « les géants technologiques mettent déjà en place des moyens permettant aux internautes de reproduire leur quotidien dans des mondes numériques. Qu’il s’agisse de fréquenter des salles de classe virtuelles, d’acheter des terrains numériques ou de construire des maisons virtuelles ». Aujourd’hui, il existe plusieurs environnements distincts. Selon le cabinet de recherche, à terme, il n’y aura qu’un seul métaverse, un environnement unique, avec de multiples destinations.

Selon le cabinet d’analyse, le métaverse pourrait ressembler à un « espace collectif virtuel partagé, créé par la convergence de la réalité physique et numérique améliorée virtuellement ». Ce monde virtuel offrira dans peu de temps des expériences immersives améliorées et sera accessible avec n’importe quel type d’appareil : tablettes, smartphones, en passant par les casques de réalité virtuelle. Étant donné que le métaverse ne sera pas détenu par un seul fournisseur, même si Meta aimerait penser le contraire, Gartner s’attend à ce qu’il soit doté d’une économie virtuelle reposant sur les cryptomonnaies et les jetons non fongibles (NFT). Le cabinet estime que le métaverse aura un impact sur toutes les entreprises avec lesquelles les consommateurs interagissent quotidiennement.

Quels changements pour notre quotidien ?

Le métaverse aura un impact direct sur notre manière de travailler et d’apprendre. Selon Gartner, les entreprises proposeront de nouvelles expériences pour engager leurs salariés, assurer une meilleure collaboration, grâce à des espaces de travail immersifs dans des bureaux virtuels. Pour cela, les entreprises n’auront pas besoin de créer leur propre infrastructure. Le métaverse unique fournira ce cadre. Concrètement, les événements virtuels qui ont gagné en popularité au cours des 18 derniers mois vont continuer de s’étoffer et de prendre de l’ampleur. Le métaverse offrira de nouvelles possibilités de mise en réseau et des ateliers plus collaboratifs et plus immersifs. Bref, une nouvelle manière de travailler.

Selon Gartner, « les entreprises auront la possibilité d’étendre et d’améliorer leurs modèles économiques de manière inédite en passant d’une activité numérique à une activité métaverse. D’ici 2026, 30% des organisations dans le monde auront développer des services pour le métaverse ». C’est également un changement majeur pour le monde de l’enseignement. Pour Elian Pilvin, directeur général de l’EM Normandie, c’est aux écoles d’anticiper ce qu’elles veulent faire de cet espace datacentric qui bousculera nos organisations.

« Switcher du réel au virtuel, c’est un peu ce que les grandes écoles ont initié lors de la crise du Covid-19. Aujourd’hui, nous devons instaurer des modalités hybrides, avec le meilleur du présentiel et du distanciel, dans l’ensemble de nos interactions avec nos parties-prenantes ». En effet, les grandes écoles doivent repenser comment maximiser l’acquisition des compétences de leurs étudiants en les immergeant dans les univers d’apprentissages les plus pertinents en fonction des matières et des disciplines enseignées, qu’ils soient physiques ou virtuels. En fonction des capacités de calcul de l’intelligence artificielle dans les prochaines années, l’étudiant aura un parcours à la carte, taillé sur mesure en fonction de sa progression académique et du niveau d’acquisition des compétences attendues et évaluées en temps réel.

Le métaverse peut-il remplacer Internet ?

Dans un précédent article, nous nous demandions si le métaverse pourrait un jour remplacer les réseaux sociaux. Aujourd’hui, l’adoption des technologies liées au métaverse est fragmentée. Gartner estime qu’il est encore « trop tôt pour savoir quels investissements seront viables à long terme, mais les personnes concernées doivent prendre le temps d’apprendre, d’explorer et de se préparer à un métaverse afin de se positionner de manière compétitive dans les prochaines années ».

Dans une interview donnée à The Verge, Mark Zuckerberg disait que « je pense à certains de ces trucs depuis le collège quand je commençais tout juste à coder. J’écrivais du code et des idées pour les choses que je voulais coder quand je rentrais de l’école ce jour-là L’une des choses que je voulais vraiment construire était un Internet incarné où on pourrait être dans un environnement et se téléporter à différents endroits et être avec des amis. Je pensais que ce serait le Saint-Graal des interactions sociales bien avant d’avoir lancé Facebook. Et c’est vraiment excitant pour moi que cela se fasse sur les prochaines plates-formes ».

Le métavers supprimera les frontières entre réalité et fiction et donnera un fort sentiment de présence dans des lieux qui n’existent pas et avec des personnes qui peuvent être à des milliers de kilomètres, ou avec des personnages imaginaires pilotés par une IA. L’idée principale est que les individus et les organisations puissent y cohabiter et y évoluer via des avatars sans les contraintes matérielles du monde physique.

Plusieurs questions se posent alors. Doit-on laisser une entreprise aussi dominante que Meta, qui a fait l’objet de plusieurs polémiques en 2021 et de nombreuses autres controverses depuis sa création, créer une plate-forme tellement puissante qu’elle permettra de contrôler tous les aspects de notre vie ? Quelles sont les garanties données aux utilisateurs des métavers que ces espaces virtuels seront sécurisés et éthiques ? Comment éviter une hypercentralisation de l’activité numérique où une seule entité privée gérera toutes nos interactions sociales et nos transactions pour en tirer profit ?

Cependant, à défaut d’une régulation par les gouvernements qui sont toujours très en retard sur la technologie, il semble essentiel que les entreprises s’accordent sur de bonnes pratiques en matière de respect de la vie privée, de cybersécurité, de lutte contre la désinformation, et de consentement éclairé des consommateurs vis-à-vis des technologies utilisées dans les métavers.

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